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Montfort EurHope: « Feu sous la Cendre »

Montfort Nouvelles
Publié par dans France · 11 Novembre 2019
Tags: NUFRA598
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SAINT LAURENT-SUR-SEVRE, France - Depuis six mois le père Jean Didereau DUGER (42 ans) a débarqué à Saint Laurent sur Sèvre, provenant de la province d’Haïti pour sa nouvelle mission. Il se présente en nous décrivant ce temps d’intégration en France.
 
BREVE PRESENTATION
Je suis né le 11 Décembre 1977 en Haïti à la commune de Léogâne de Mr Dureste DUGER et de Madame Chérina Casimir DUGER. Je suis issu d’une famille de six enfants, composée de cinq garçons et une fille (la dernière) dont je suis le quatrième. Je fais toutes les étapes de ma formation en Haïti, à Léogâne et à Port-au-Prince. Je suis rentré chez les Missionnaires Montfortains en Août 2007. Je prononçais mes premiers vœux en septembre 2009 ensuite le diaconat en octobre 2016 et je suis ordonné prêtre en Janvier 2017 en Haïti. J’ai fait mon ministère diaconal et presbytéral à la paroisse Saint Louis Roi de France de Turgeau à Port-au-Prince avec le père Wismick JEAN- CHARLES qui m’avait bien accompagné et m’avait aidé à bien m’introduire dans les ministères ordonnés. Son accompagnement a marqué ma première année de vie sacerdotale. Alors à la paroisse, j’étais responsable des groupes et chorales qui étaient au nombre de 32. Je travaillais dans le social aussi avec deux autres associations sur la paroisse. Entre autres j’étais responsable de la pastorale des malades. A côté des activités de la paroisse j’avais deux aumôneries chez les Filles de la Sagesse et au collège du Sacré-Cœur. En plus j’étais étudiant en sciences de l’éducation depuis Septembre 2017.
 
OBEDIENCE POUR LA FRANCE
Après presque deux ans de ministère presbytéral dans mon pays, le père provincial des montfortains en Haïti m’a demandé de venir en France pour donner un coup de main. Je n’avais pas pensé à une telle obédience à ce moment parce que j’avais à peine commencé des études. Je pensais qu’on allait me donner le temps de les terminer. Il faut dire que je n’avais pas plus qu’une semaine pour donner une réponse à la demande du responsable. Je me posais certaines questions en me demandant pourquoi il ne peut pas me laisser terminer ces études ? J’imaginais qu’en France je pourrai les terminer, mais ça reste un point d’interrogation. C’était un peu difficile le détachement, mais finalement j’avais accepté à cause de mon vœu d’obéissance et parce que le Seigneur m’appelle où il veut et là où il a besoin de moi et là où je peux être utile. En plus je sais que je fais partie d’une congrégation internationale et que je suis l’instrument du Seigneur. Alors je me disais le Seigneur ne va pas m’envoyer il va m’emmener avec Lui. Donc je Lui fais confiance. Pour moi c’est la volonté de Dieu et je me disais, je ne sais pas pourquoi, mais Dieu seul sait. Seulement je Lui fais confiance et je compte sur Lui. En fin de compte, j’ai plié bagage et je suis arrivé en France en Mai 2019.
 
MA COMMUNAUTE EN FRANCE
En arrivant en France, je suis accueilli par les pères Olivier (provincial), Pierre, Paulin bref la communauté internationale de saint Laurent. Le jour de mon arrivée à saint Laurent, le Père Pierre BONHOMMEAU en me voyant pour la première fois comme je suis toujours très souriant disait : « Oh ! quel beau sourire ». Et puis le lendemain P. Paulin m’avait accompagné pour valider mon visa, il a tout organisé et du coup il m’a emmené dans un magasin pour acheter une carte SIM pour mon portable. Ensuite il m’a montré les différents lieux de la maison, de la Basilique et aussi quelques clochers sur la paroisse. J’avais reçu des petits mots de bienvenues de différents confrères de l’Italie et de la France, ce qui m’avait encouragé.  Entre autres j’ai deux confrères Charélus et Jackson qui m’ont appelé chaque jour pour savoir mes nouvelles, ce qui m’a beaucoup encouragé. Ils me donnent un grand support moral par leur appel. Ils le font jusqu'à présent et ça a beaucoup d’importance pour moi. Donc en résumé j’étais bien accueilli et ça m’a fait du bien parce que ça reste marqué dans ma mémoire.
 
Alors ce que j’ai rencontré comme difficultés, premièrement je savais que j’étais destiné pour la communauté du Marillais et pourtant sans le savoir je devrais rester à saint Laurent. C’est après quelques jours que je savais que je dois rester à Saint Laurent. En effet, c’est quelque chose qui pourrait avoir un impact sur moi, mais je me disais que la volonté du Seigneur soit faite. Et pourtant tout était arrangé et je suis nommé chapelain à la Basilique et coopérateur à la Paroisse Montfort-sur-Sèvre. Je fais partie de la communauté internationale et je réside dans la communauté des pères montfortains à la Maison du Saint-Esprit, Saint Laurent sur Sèvre. Donc je cherche à m’insérer et m’intégrer davantage dans cette communauté.
 
Il faut dire que je me sens bien jusqu'à présent dans cette nouvelle communauté et dans la paroisse aussi. Je trouve que les fidèles sont gentils comme je suis gentil avec eux aussi. Je me sens bien accueilli dans la paroisse par le Curé et aussi à la Basilique. J’ai trouvé des mots d’appréciation et d’encouragement de la part de certains fidèles. Il y a aussi des gens qui m’ont remercié pour mes homélies. Donc petit à petit j’essaie de comprendre la réalité, parce que c’est une autre culture, un autre peuple et une autre mentalité. En ce sens je suis encore en phase d’observation pour bien m’intégrer. Une intégration qui se fait petit à petit dans l’observation et la compréhension de la réalité. Ici je fais partie de bien des conseils tant au niveau de la paroisse qu’à la Basilique. Ce qui m’a permis de comprendre un peu la réalité de l’église de France.
 
MES PREMIERS MOIS EN FRANCE
Mes premiers mois en France ne sont pas pénibles pour moi. Je suis arrivé ici avec un esprit positif et la langue n’est pas une barrière puisque je connais déjà un peu le français. Une chose qui n’est pas encore tout à fait ok, c’est que mon horloge biologique n’est pas encore adaptée par rapport au décalage d’horaire. Il faut dire aussi que je me sentais un peu ennuyé au début parce que je n’avais pas trop grand-chose à faire. Une semaine je présidais la messe à la crypte et puis deux ou trois semaines sauf les dimanches je concélébrais. Tandis que chez moi je savais avoir au moins deux ou trois messes par jours et bien d’autres activités. Alors je me dis, donc Didereau tu es dans un autre pays, dans une autre paroisse, tu dois t’adapter. Mais maintenant ça y est parce que je sais c’est à moi de m’accommoder avec la réalité, parce que la réalité n’est pas la même partout. Je fais ce dépassement et je trouve que c’est bon pour moi parce que je trouve beaucoup plus de temps pour prier, me reposer, faire la lecture et préparer mes homélies.
 
Alors avant de venir en France on m’avait dit que l’église de France est en baisse et sur le terrain, je fais le constat, il n’y a pas beaucoup de prêtres, la plupart des églises sont presque vides, il n’y a pas presque de jeunes à l’église bref l’église de France est pauvre. Une paroisse peut réunir plusieurs anciennes paroisses et de plus en plus ça diminue considérablement. Alors sans vouloir me faire passer pour un prophète, j’ai une forte espérance que l’église de France va retrouver sa splendeur première parce qu’il y a encore du feu sous la cendre, c'est-à-dire il y a encore la foi. Je ne sais pas comment ça va revenir, si c’est par un événement mais Dieu seul sait. Je crois que Dieu est là au cœur du monde et il fait route avec son peuple.
 
Enfin de compte il faut dire que je suis encore en phase d’observation et je peux même dire pour moi c’est un temps d’apprentissage. En réalité, mes premiers mois en France sont une prise de contact avec la réalité puisqu’il me reste beaucoup de choses à apprendre et à comprendre. Voilà en gros mon point de vue sur ma nouvelle obédience en France. Jusqu'à présent je ne peux pas dire plus que ça, comme je l’avais dit c’est juste un temps d’observation, d’adaptation et d’intégration avec le milieu dans ma mission.
 
 
P. Jean Didereau Duger, SMM










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