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Montfort EurHope: Un Exorciste Montfortain

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Publié par SMM Communications dans Italie · 29 Novembre 2019
Tags: NUITA608
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SANTERAMO IN COLLE, Italie - Le père Daniele Carraro montfortain (73 ans) est chargé du ministère d'exorcisme dans un diocèse du sud d'Italie depuis plus de 25 ans. Avec lui, nous essayons de comprendre le sens de cette mission.

Père Daniel, comment pourriez-vous définir le ministère de l'exorcisme?
Ce ministère est considéré aujourd'hui comme une expression de la consolation, en particulier pour ceux qui vivent des problèmes liés au monde de l’occulte. Ceux qui ont ce type de problème, si d’un côté nécessitent d'un psychiatre, ils peuvent aussi avoir besoin d'un prêtre qui, malheureusement, en raison de la complexité de leur situation, souvent s’en lave les mains. Ce ministère aujourd’hui récupère sa dimension plus ecclésiale et moins ésotérique pour aider tout ce monde qui a besoin de consolation, de soutien et d'écoute.
 
Comment avez-vous commencé ce ministère?
C'est l'évêque qui m'avait demandé ce service pour son diocèse d'Altamura. Au départ je lui ai dit que je ne savais même pas ce qu'était ce monde et qu'il devait toujours consulter mon provincial. Mais au bout de dix jours, il m'a envoyé un garçon italien qui, en Angleterre pour des études, était impliqué dans des séances de spiritisme et qui souffrait de troubles psychiatriques. Alors j'ai parlé au provincial et l'évêque a commencé à m'envoyer plus de gens. J'avais tout à apprendre, mais la première chose que j'ai commencé faire, c'est d'écouter ces personnes. L'écoute est la première libération, car elle met la personne à l'aise. En fait, ce sont des gens qui ont honte de parler de ce qu’ils vivent avec la peur d’être jugés "fous". Ainsi, le lieu qui les accueille est avant tout un lieu d’écoute. Entre temps, j'ai commencé à lire et à participer à des sessions de formation pour développer une approche juste et pastorale. J'ai compris que l'exorcisme est un sacramentel qui discerne et guérit, mais ce n'est pas une chose automatique et, seul, ne suffit pas. J'ai commencé engager des groupes de prières pour soutenir l'exorcisme, mais aussi le chemin de ceux qui veulent changer de vie.
 
Quelle est l'approche avec la personne qui vient pour un exorcisme?
Chaque jour de la semaine, j'accueille les gens. Ceux qui viennent pour l'exorcisme ont souvent une mentalité "magique" qui voudrait avoir le miracle instantanément. En tant que prêtre, je les invite à un voyage de conversion, de rapprochement au Christ et de prières.
 
Chaque vendredi, je propose une journée de prière dirigée par des collaborateurs pour ceux qui veulent évoluer et apprendre à prier. Pendant ce temps de prière je me rends disponible pour les confessions avec l'aide d'un autre prêtre, car à ces rassemblements y participe beaucoup de monde.
 
Chaque mardi matin, nous proposons une catéchèse dans une salle mise à disposition par une communauté religieuse féminine. Le but c’est d’aider à comprendre que notre point de référence est Jésus et non le diable, ce qui permet de détourner l’attention du problème vers un chemin de conversion. Un samedi par mois, nous organisons une récollection dans un sanctuaire marial, avec la messe et un temps d’adoration. Des pèlerinages aux sanctuaires mariaux sont également proposés.
 
Avez-vous des collaborateurs pour toutes ces activités?
Le style de collaboration est présent depuis le début. Un groupe de collaborateurs qui ont fait un chemin spirituel s’engagent à accueillir les gens en toute discrétion. D'autres ont contribué à la rénovation des locaux en créant des salles d'attente, une salle de prière de 200 places, un lieu adapté à l'exorcisme, etc. Certains bénévoles assurent des services de secrétariat tout en préservant la « privacy ». Ils font également un "filtrage" pour discerner si les personnes ont vraiment besoin de l'exorcisme ou si elles devraient être dirigées vers un autre type d'aide. Une psychologue est présente deux fois par semaine. Certains collaborateurs animent les temps de prière. Des confrères m'aident pour les confessions. Maintenant, il y a un capucin exorciste qui m’aide à recevoir les personnes.
 
Des couples rejoignent le centre pour commencer un parcours de foi. Le but est qu'ils peuvent redécouvrir une appartenance à la vie d’église dans leur paroisse.
 
Quelle est la bonne nouvelle de cette expérience?
Les gens qui viennent recommencent à voir le positif. Ils passent des ténèbres à la lumière. Un père qui m'avait amené sa fille a dit que sa famille était passée de la malédiction à la bénédiction. Le fait d'être accompagnés dans leur fragilité les soulage. Mais nous devons leur apprendre la patience et le sens de l'acceptation.
  
Quel lien voyez-vous avec la mission de Montfort?
Montfort est allé à la campagne auprès des pauvres qui n’avaient pas été évangélisés et souvent étaient abandonnés par l’église. Ramener à la foi et rouvrir à l'espoir est une mission montfortaine. Ensuite, la présence de Marie dans le ministère de l'exorcisme est essentielle. Satan se bat avec Dieu et avec Marie. Il est un perdant ! Le diable ne peut pas supporter l’humilité et la clarté de la Vierge Marie.
 
Des projets pour l'avenir?
Je rêve que ces gens puissent sourire et trouver la lumière de Dieu. Sachant que cette réalité est très répandue et attire beaucoup de gens dans notre Europe, je voudrais continuer avec des moyens simples à tracer un chemin de lumière, en particulier pour les jeunes. Continuez à être une porte ouverte pour ces personnes.
 
 
SMM Communications
 









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