65 Ans d’Ordination Sacerdotale du Père Jean-Paul Beck (10 février 1957 – 10 février 2022)

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65 Ans d’Ordination Sacerdotale du Père Jean-Paul Beck (10 février 1957 – 10 février 2022)

Montfort Nouvelles
Publié par P. Jean Marie Helpa, SMM dans France · 18 Février 2022
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MONTFORT-SUR-MEU, France - Le 10 février 2022, le père Jean-Paul Beck a célébré ses 65 ans d’ordination sacerdotale. Nous avons honoré ce moment remarquable le samedi 12 février 2022 en présence des prêtres de la paroisse de Montfort-sur-Meu et quelques amis de la maison natale. Nous avons célébré ensemble l’Eucharistie, l’action de grâce par excellence, pour remercier le Seigneur, sans oublier de prendre des photos de souvenir pour l’occasion, avant de partager un repas fraternel. Naturellement, durant son homélie, notre grand frère avait confié  ses expériences missionnaires. Ce partage s’est prolongé durant le repas. En outre, le père Jean-Paul Beck était heureux de répondre aux questions posées par celui qui vit avec lui à la maison natale. Nous partageons avec vous l’écho de cet échange afin de nous réjouir ensemble !
 
P Jean Marie Helpa (PJMH) : Cher Bambo Becky ! cher Jean-Paul Beck, 65 ans de vie sacerdotale montfortaine ! C’est une grande grâce, qui mérite une action de grâce personnelle et communautaire. C’est pour cela que nous sommes rassemblés ici. Avant tout, pourrais-tu nous raconter brièvement comment le Seigneur t’a appelé ?
 
P Jean-Paul Beck (PJPB) : Ce que j’ai toujours considéré comme une grâce particulière et spécifique, c’est la manière, vraiment extraordinaire utilisée par le Seigneur pour me manifester son appel.
 
En bref : le 02/02/1938 je fête mon 10e anniversaire. Cinq mois plus tard un étranger vient rendre visite à notre famille. Il s’agit d’un professeur montfortain, venu de Besançon pour parler de la vie missionnaire en Afrique, au jeune Jean-Paul Beck.
 
Question ! Qui lui a révélé l’adresse de la maison, et l’existence de ce jeune garçon ? Mystère !
 
Après une heure de causerie et d’entretien, le P. Francis Callé, tel était son nom, me pose la question : « Toi jeune homme, que penses-tu faire quand tu seras grand ? ». Ma réponse est immédiate : « Je veux être comme vous, et partir avec vous en Afrique ».
 
De fait, en septembre 1938, je suis parti à Pelousez, au petit séminaire montfortain. Les études seront plus longues que la normale, en raison de la guerre 1940/45. Je ne serai ordonné prêtre que le 10 février 1957.
 
PJMH : En effet, tu as été ordonné prêtre le dimanche 10 février 1957 à l’Abbaye saint Jacques à Montfort-sur-Meu. Comment t’es-tu préparé pour partir ensuite en mission ?
 
PJPB : J’ai suivi une année de formation sacerdotale chez les Prêtres de la Mission de Paris où nous étions une quarantaine de jeunes missionnaires de diverses communautés. En juin 1958, j’ai eu ma nomination pour le Nyassaland, devenu le MALAWI en 1964. Or le P. Louis Party terminait son congé en famille. Avec lui, nous avons pris le bateau l’Alitalia à Venise. Après avoir traversé la Méditerranée, puis le canal de Suez, nous avons longé la côte est de l’Afrique, avec escale dans chaque pays, jusqu’au Mozambique, où nous sommes descendus sur la terre d’Afrique. Accueillis par des Pères Portugais pendant deux jours, nous attendrons le petit train qui nous conduira jusqu’au premier plateau du Nyassaland, à Blantyre, la plus grande ville du pays à cette époque. Disons tout de suite qu’en 1964, après avoir obtenu son indépendance, grâce au Dr Kamuzu Banda, le pays prendra le nom de Malawi.
 
PJMH : Tu as travaillé dans quelle partie de Malawi ?
 
PJPB : Rome avait déjà établi quatre diocèses au Nyassaland, dont celui de Zomba confié aux Montfortains. Et c’est Mgr Hardman, un Père anglais, qui est nommé évêque de cette région un peu montagneuse. Il me demande d’aller avec Louis Party à Nankwali, la mission la plus au nord, mais située au bord du lac Malawi, où l’on peut se baigner toute l’année. Ce poste de mission était dirigé par le P. Molloy, un autre confrère anglais, qui connaissait très bien le français.
 
PJMH : Pourrais-tu résumer en peu de mots ce qui t’a marqué le plus pendant cette période au Malawi ?
 
PJPB : Pendant 50 années de présence et de contact avec la population du Malawi, j’ai eu le temps de connaître leur vie et leurs occupations, mais surtout leurs sentiments profonds. Ce qui m’a frappé tout de suite, c’est la pauvreté de la population. Mais cette pauvreté n’empêche en rien la joie, la bonne humeur et la simplicité dans les relations humaines ou apostoliques.  Un second aspect très frappant, c’est l’accueil fraternel entre eux, mais aussi la simplicité amicale et généreuse dans l’accueil de l’étranger. Tous les étrangers qui sont venus me rendre visite ont été frappés par ces qualités humaines.
 
PJMH : Cher Jean-Paul, la mission au Malawi et toi, vous avez fait une alliance de 50 ans. Ce sont des noces d’or ! Raconte-nous !
 
PJPB : Pour commencer le travail missionnaire, on me donne six mois d’apprentissage de la langue « Chichewa », la langue officielle du pays depuis 1964, date de l’arrivée du Président Kamuzu BANDA. Après un petit examen, l’évêque me rassure : « vous pouvez commencer à célébrer la messe en chichewa, et entendre les confessions des fidèles ». Ce fut une très bonne nouvelle.
 
Puis le supérieur me précise : tu vas commencer à faire des tournées en brousse, mais il faudra aussi t’occuper des écoles de brousse, et former des enseignants. La nécessité des écoles primaires nous avait déjà été rappelée durant notre formation à Paris. Et j’ai compris ce besoin dès les premières tournées en brousse.
 
Dans cette perspective, dès ma deuxième année missionnaire j’ai même pu construire une petite maison pour un jeune couple chrétien devenu instituteur dans notre poste de mission de Nankwali. Ces différentes responsabilités étaient une bonne initiation pour ma vie future de missionnaire, puisque Mgr Hardman m’a nommé à Namitembo avec P. Loughran, où je n’ai travaillé que trois années durant.
 
En 1965, j’ai droit à mon premier congé en France. Mais cette fois le voyage se fera en avion Charter organisé par les Pères Blancs. A mon retour de congé, c’est à Pirimiti que je suis nommé. C’est le poste de mission le plus important du diocèse de Zomba, avec ses 33000 chrétiens. Il y avait là déjà trois Pères, dont le P. Baslé, plus de 80 ans d’âge, et qui obtiendra la médaille du Mérite français de la part du Consul de France. En plus du ministère, on me demande de construire deux nouvelles écoles, et une petite église à Namphimba. C’est dans ce village que naîtra Sr Immaculate Kalawa, l’une des Filles de la Sagesse. L’an dernier Peter Kalawa, l’un de ses cousins a été ordonné prêtre chez les Montfortains du Malawi.
 
Avant mon départ en congé, Mgr Hardman m’avait déjà précisé : « à votre retour je vous demanderai d’aller à Magomero, où il faudrait construire un dispensaire et une petite maternité ». Je commencerai donc ce travail avec A. Rivière (3 années), M. Coroller, et un jeune malawite. Entre temps un nouvel évêque, Mgr Chimole est nommé pour remplacer le P. Hardman qui demande à se retirer pour laisser la place aux jeunes malawites. C’est le moment où nous sont annoncées les nouvelles du Concile de Vatican II. Désormais on pourra célébrer en « Chichewa ».
 
Par ailleurs un grand effort est réalisé pour aider les sœurs malawites au petit dispensaire. La Sr Jeanne Nicknair, une Fille de la Sagesse canadienne viendra parler aux jeunes infirmières Malawites et aux femmes, de la « Famille Chrétienne » au sujet des enfants trop nombreux qui meurent.
 
En juin 1980, la mission de Matchado est fermée par l’évêque. Il me demande d’aller avec lui pour redémarrer le chantier. Le besoin se fait sentir d’ouvrir deux lieux de culte, et 4 classes d’école.
 
En 1990 retour à Pirimiti avec le P. Feunteun. C’est le début des « Communautés de base » avec la visite dans chaque village, réunion, lecture de la Bible, chapelet et réflexion sur les besoins de la communauté chrétienne. D’où un plus grand intérêt et une meilleure collaboration de la part des fidèles.
 
À partir de cette époque le travail du missionnaire deviendra plus facile, la compréhension de la parole de Dieu plus sérieuse et plus profonde En même temps la demande du baptême devenait plus sincère, et donc l’engagement chrétien beaucoup plus généreux. On sentait la grâce divine qui travaillait dans l’âme de chaque chrétien pour collaborer avec les missionnaires.
 
PJMH : Merci infiniment, cher père Jean-Paul, pour ce partage. Beaucoup de jeunes en formation et nos jeunes prêtres t’écoutent maintenant. Pour terminer, qu’est-ce que tu désires leur dire, as-tu deux ou trois mots à leur transmettre.
 
PJPB : J’ai laissé parler mon cœur débordant de joie et d’action de grâce. J’aimerais partager cette joie avec les jeunes montfortains. L’œuvre de la mission est grande dans l’Église et dans le monde, mais les ouvriers restent peu nombreux.
 
À mon âge avancé, un seul regret trouble mon cœur de missionnaire, celui de n’avoir jamais trouvé un jeune pour me remplacer au temps voulu. Oui ! l’Église a besoin de missionnaires.
 
Je rappelle qu’à Montfort-sur-Meu va s’ouvrir l’année du 350e anniversaire de la naissance du grand missionnaire St Louis Marie de Montfort. À l’exemple du P. de Montfort dans sa « Prière Embrasée », j’implore la Vierge Marie et son divin Fils. Que l’Esprit Saint renouvelle les merveilles du passé, pour ranimer la vocation missionnaire parmi la jeunesse actuelle.
 
PJMH : Merci de tout cœur, Jean-Paul
PJMB : Merci à toi, Jean Marie
 
 
P. Jean Marie Helpa, SMM










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